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Cahier des charges de site internet : l'exemple complet (et la version une page)

Le modèle complet est dans l'article, neuf sections, réutilisable tel quel. Et pour un site vitrine, la version une page : dix questions suffisent. Sans téléchargement, sans formulaire.

A Alex Charbonneyre · · 12 min de lecture

TL;DR. Un cahier des charges de site internet n’est pas un document administratif : c’est ce qui rend possible un prix fixe et un planning ferme. Le modèle complet est dans cet article : neuf sections, avec pour chacune les questions à se poser, réutilisable tel quel. Pour un site vitrine, la version une page suffit : dix questions bien posées valent mieux qu’un Word de cinquante pages. Les cinq erreurs classiques, dont la pire, spécifier la solution au lieu du besoin, ferment la marche.

Vous voulez demander des devis pour votre site. Premier réflexe : chercher « exemple de cahier des charges site internet ». Vous tombez sur des modèles Word de quarante pages, un sommaire à trois niveaux, des sections sur « l’arborescence » et « la charte graphique ». Découragement immédiat. Le projet repart au fond du tiroir.

C’est dommage, parce que le document dont vous avez besoin tient sur une à cinq pages. Le voici, complet, section par section, avec la version une page que j’utilise pour cadrer les projets du studio. Copiez, remplissez, envoyez. Pas de téléchargement, pas de formulaire à remplir : tout est dans l’article.

À quoi sert vraiment un cahier des charges de site internet ?

Un cahier des charges de site internet sert à une seule chose : mettre le périmètre par écrit. Un périmètre écrit permet un prix fixe et un planning ferme ; un périmètre flou garantit un devis élastique et des avenants en cours de route. Ce n’est pas un document administratif, c’est l’outil qui rend les devis comparables.

Sans lui, le scénario est toujours le même. Vous demandez trois devis pour « un site », vous recevez trois prix qui n’ont rien à voir. Pas parce qu’un prestataire est malhonnête : parce que chacun a imaginé un site différent. L’un a chiffré cinq pages, l’autre quinze, le troisième a prévu un espace client dont vous n’avez jamais parlé.

Le périmètre écrit protège aussi votre budget après signature. « Ça, ce n’était pas prévu » est la phrase la plus chère du web. Quand le périmètre est noir sur blanc, elle disparaît : ce qui est dedans est dedans, ce qui est dehors se chiffre à part, calmement.

C’est d’ailleurs ce qui me permet d’annoncer une vitrine sur-mesure à 3 500 € prix fixe, livrée en deux semaines : le périmètre est cadré avant de signer. Personne ne peut s’engager sur un prix ferme avec un périmètre flou ; celui qui le fait quand même se rattrapera sur les avenants. Les fourchettes complètes sont dans le guide des prix d’un site web.

Dernière précision, et elle change tout le reste : un cahier des charges décrit votre besoin, pas la solution technique. On y revient dans les erreurs classiques.

L’exemple de cahier des charges, section par section

Voici le modèle. Neuf sections, dans l’ordre où un prestataire les lit. Pour une vitrine, certaines tiendront en deux lignes ; pour une application web, chacune mérite une page. Le tableau donne la vue d’ensemble, le détail suit.

SectionCe qu’elle verrouille
1. Contexte et objectifsPourquoi ce projet existe
2. CiblesPour qui le site est construit
3. Périmètre fonctionnelCe que le site fait, et ne fait pas
4. ContenusQui fournit quoi, pour quand
5. Contraintes techniquesHébergement, intégrations, RGPD
6. Design et référencesLa direction visuelle
7. SEO et migrationCe que la refonte doit protéger
8. Budget et planningL’enveloppe et l’échéance
9. Choix du prestataireComment vous allez décider

1. Contexte et objectifs

Qui vous êtes, ce que vous vendez, et pourquoi ce site maintenant. Surtout : à quoi ressemble la réussite. « Avoir un beau site » n’est pas un objectif. « Recevoir des demandes qualifiées chaque semaine » en est un, et il oriente toutes les décisions qui suivent.

Les questions à se poser :

  • Pourquoi ce projet, et pourquoi maintenant ?
  • Qu’est-ce qui doit avoir changé dans douze mois ?
  • Quel est l’objectif numéro un : des demandes entrantes, des ventes, de la crédibilité ?

2. Les cibles

Un site qui parle à tout le monde ne parle à personne. Décrivez qui arrive sur le site, dans quel contexte, et ce que cette personne cherche dans les dix premières secondes. Deux ou trois profils suffisent ; au-delà, vous êtes en train d’inventer des visiteurs.

Les questions à se poser :

  • Qui visite le site, et pour quoi faire ?
  • Sur quel appareil, mobile ou ordinateur ?
  • En quelle langue, ou quelles langues ?

3. Le périmètre fonctionnel : pages et fonctionnalités

La section la plus importante du document. Listez les pages (accueil, services, à propos, contact) et les fonctionnalités (formulaire, prise de rendez-vous, paiement, blog, multilingue, espace client). Puis triez en deux colonnes : indispensable au lancement, souhaitable plus tard. Ce tri est ce qui fait tenir un budget.

Les questions à se poser :

  • Quelles pages, au minimum, pour lancer ?
  • Quelle action principale attendez-vous du visiteur : appel, formulaire, prise de rendez-vous ?
  • Quelles fonctionnalités sont indispensables au jour un, lesquelles peuvent attendre une V2 ?

4. Les contenus : qui fournit quoi

Le tueur silencieux de plannings. Textes, photos, traductions, témoignages : dites qui produit quoi, pour quand, et qui valide. Un site peut être terminé en deux semaines et attendre ses textes pendant deux mois. Vraie histoire, plusieurs fois.

Les questions à se poser :

  • Qui écrit les textes : vous, le prestataire, un rédacteur ?
  • Les photos existent-elles, ou faut-il un shooting ?
  • Qui valide les contenus, et sous quel délai ?

5. Les contraintes techniques : hébergement, intégrations, RGPD

Le nom de domaine, l’hébergement, les outils existants à connecter (CRM, réservation, newsletter, facturation) et la conformité RGPD : formulaires, cookies, mentions légales. Et une question qui devrait être un réflexe : à qui appartiendront le code et l’hébergement ? Chez moi, la réponse ne varie pas : à vous, tout, dès le premier jour.

Les questions à se poser :

  • Qui détient le nom de domaine aujourd’hui ?
  • Quels outils le site doit-il connecter ?
  • Les formulaires et les cookies sont-ils conformes au RGPD ?
  • Le code et l’hébergement seront-ils à votre nom ?

6. Le design et les références

« Moderne et épuré » ne dit rien : tout le monde le demande. Donnez trois sites que vous aimez, un que vous détestez, et surtout pourquoi. Ajoutez ce qui existe déjà : logo, charte, polices. Trois références commentées valent mieux qu’un paragraphe d’adjectifs.

Les questions à se poser :

  • Quels sites, même hors de votre secteur, vous font envie ?
  • Qu’est-ce qui vous déplaît dans votre site actuel ou chez vos concurrents ?
  • Avez-vous un logo et une charte, ou faut-il les créer ?

7. SEO et migration : si vous refondez un site existant

Section obligatoire dès qu’un site existe déjà. Listez les pages qui reçoivent du trafic, prévoyez le plan de redirection 301 et la conservation des balises qui performent. C’est l’étape de cadrage de la méthode de refonte, et le poste que les devis low-cost oublient systématiquement.

Les questions à se poser :

  • Quelles pages actuelles reçoivent du trafic (Search Console) ?
  • Les URLs vont-elles changer, et qui gère les redirections ?
  • Qui surveille les positions après la mise en ligne ?

8. Le budget et le planning

Annoncez votre enveloppe. Pas pour vous faire plumer : pour recevoir des propositions réalistes. Un prestataire sérieux n’ajuste pas son prix à votre budget, il ajuste le périmètre. Mes repères publics : vitrine sur-mesure à 3 500 € prix fixe en deux semaines, site multi-pages avec CMS au-dessus, application web en dizaines de milliers d’euros sur devis. La plupart des projets sortent en huit à douze semaines. La grille complète est sur la page tarifs.

Les questions à se poser :

  • Quelle enveloppe, et quelle marge de manœuvre ?
  • Y a-t-il une échéance non négociable (salon, saison, lancement) ?
  • Le prix proposé est-il fixe, ou « estimatif » ?

9. Les critères de choix du prestataire

Écrivez comment vous allez décider, avant de recevoir les devis. Sinon, le moins cher gagne par défaut, et c’est rarement le bon calcul. Portfolio, propriété du code, maintenance, interlocuteur : les critères qui comptent ne sont pas tous sur le devis.

Les questions à se poser :

  • Qui possède le code et l’hébergement à la fin ?
  • Qui répond quand quelque chose casse, et en combien de temps ?
  • Parlez-vous à la personne qui fera le travail, ou à un commercial ?

La version une page pour les petits projets

Pour un site vitrine, une page suffit. Je préfère, et de loin, un brief d’une page rempli honnêtement à un Word de cinquante pages recopié d’un modèle trouvé en ligne. Dix questions couvrent l’essentiel ; si vous savez y répondre, n’importe quel prestataire sérieux peut vous proposer un prix fixe.

Les voici. Répondez en une ou deux phrases par question, pas plus.

  1. Que fait votre entreprise, en deux phrases ?
  2. Pourquoi ce site, et pourquoi maintenant ?
  3. Qui doit vous contacter après l’avoir visité ?
  4. Quelle action principale attendez-vous : appel, formulaire, rendez-vous ?
  5. Quelles pages, au minimum ?
  6. Qui fournit les textes et les photos, et pour quand ?
  7. Trois sites que vous aimez, un que vous détestez : pourquoi ?
  8. Un site existant à remplacer ? Si oui, quelles pages reçoivent du trafic ?
  9. Quelle enveloppe, quelle échéance ?
  10. Qui décide, et qui valide ?

C’est exactement la trame de mon appel découverte : trente minutes, ces dix questions, et vous repartez avec un périmètre clair et un prix. Si vous préférez la version orale du brief d’une page, réservez un créneau.

Les 5 erreurs classiques du cahier des charges

Cinq erreurs reviennent dans presque tous les documents que je reçois. Aucune n’est fatale ; toutes coûtent du temps, de l’argent, ou les deux.

1. Tout figer trop tôt. Un cahier des charges verrouille le périmètre, pas chaque pixel. Si vous spécifiez la couleur des boutons avant d’avoir parlé à qui que ce soit, vous payez un professionnel pour exécuter au lieu de le payer pour son métier. Figez le quoi, laissez respirer le comment.

2. Spécifier la solution au lieu du besoin. « Un site WordPress avec Elementor » n’est pas un besoin. « Pouvoir modifier mes textes moi-même » en est un. Le besoin est stable, la solution se discute ; en imposant la solution, vous éliminez peut-être la meilleure réponse à votre problème, sans jamais l’avoir entendue.

3. Oublier les contenus. La section 4 est celle qui saute en premier, et c’est elle qui fait glisser les plannings. Un site sans textes n’est pas un site en retard, c’est un site fini qui attend. Décidez qui écrit avant de signer, pas après la mise en ligne des maquettes.

4. Oublier la migration SEO. Si un site existe, ses URLs ont un historique, et ce capital se protège. Une refonte livrée sans plan de redirection 301 peut faire fondre des années de référencement en quelques semaines. Si le mot « redirection » n’apparaît ni dans votre cahier des charges ni dans le devis, quelqu’un a oublié quelque chose.

5. Confondre cahier des charges et devis. Le cahier des charges décrit votre besoin ; le devis est la réponse du prestataire : prix, planning, engagement. L’un ne remplace pas l’autre. Un prestataire qui signe « d’après votre document » sans reformuler le périmètre dans son devis vous laisse porter seul le risque d’interprétation.

FAQ : cahier des charges de site internet

Qui doit rédiger le cahier des charges ?

Vous, pour le besoin : personne ne connaît votre activité mieux que vous. Le prestataire, lui, aide à le structurer pendant le cadrage ; c’est son métier de transformer un brief d’une page en périmètre chiffrable. Méfiez-vous des deux extrêmes : celui qui exige un document parfait avant de parler, et celui qui n’en demande aucun.

Quelle longueur pour un cahier des charges de site vitrine ?

Une à deux pages. Les dix questions de la version courte ci-dessus suffisent pour obtenir des devis comparables et un prix fixe. Les documents de quarante pages ont leur place sur les applications web complexes et les appels d’offres, pas sur une vitrine de six pages.

Faut-il un cahier des charges pour demander un devis ?

Oui, au minimum la version une page. Sans périmètre écrit, les devis ne sont pas comparables entre eux et aucun prix fixe n’est possible : vous comparez des hypothèses, pas des offres. Si vous bloquez sur une question du modèle, écrivez-moi : la réponse arrive souvent en un échange.

Cahier des charges ou brief : quelle différence ?

Le brief tient en une page et décrit l’intention : contexte, objectif, budget, échéance. Le cahier des charges détaille le périmètre section par section. Pour une vitrine, le brief suffit et le périmètre se verrouille pendant le cadrage. Pour une application web, le cahier des charges complet devient indispensable avant d’écrire une ligne de code.

Pour aller plus loin

Pour citer cet article : Charbonneyre, A. (2026). Cahier des charges de site internet : l’exemple complet (et la version une page). Moody Labs.

Sources principales : tarifs et méthode publics du studio (moodylabs.studio). Article rédigé en juillet 2026 ; les repères de prix reflètent la grille du studio à cette date.

Un projet en tête ? Un appel court suffit pour voir si ça matche.